Situation de Carole

 

Voici le cas de Carole qui nous écrit :

« Bonjour,

J’ai adhéré il y a peu à l'association toutefois comme bon nombre de personnes je m’y suis résolue trop tard et je désire savoir si vous pouviez m’informer en premier lieu sur la légalité d’une procédure d’huissier. Par ailleurs j’aimerai savoir si vous pouviez m’assister afin d’éviter que je perde toute capacité à rebondir, notamment en me faisant assassiner de frais abusifs et totalement hors de propos par rapport à la valeur du bien immobilier restant due soit 247 K € pour un 3 pièces.

Cordialement. 

Carole ».

 

Son problème est simple. Carole a acheté un appartement pour se loger elle-même et sa mère. Au moment où elle achète, elle dispose d’un salaire convenable pour la région mais, tout de même, elle doit emprunter la totalité de la somme pour cette acquisition y compris les frais notariés. Elle contracte un crédit d’une durée de 30 ans.  Comme elle a 40 ans, elle en a jusqu’à 70 ans. C’est long 30 ans. Il peut se passer beaucoup d’évènements.

 

Un prêt sur 30 ans démontre que pour respecter un tant soit peu la règle concernant un endettement  d’environ 1/3 des ressources,  la banque a consentit un prêt qui risqué .Un prêt plus court ne serait absolument pas passé. Et donc cela signifie  que l’on pratique une certaine forme de mise en danger.

 

On oublie que  Carole habite à NICE et travaille à MARSEILLE.  Elle effectue le trajet au moins 3 fois par semaine, elle s’en sort tant bien que mal jusqu’au jour où elle perd son emploi et se retrouve au chômage avec à la clef une légère déprime. Comment pourrait il en être autrement ? Elle vit seule avec sa mère dont elle est le soutien financier, elle a une charge de crédit importante sur le dos. Et elle ne retrouve pas un travail.

 

Les demandes d’embauche…. se multiplient. Les absences de réponse ou les réponses négatives aussi. Carole commence à douter de ses capacités. Elle est dans un état psychologique  qui la rend de moins en moins opérationnelle.

 

A cette époque, elle voit bien les difficultés qu’elle va rencontrer du point de vue financier et elle contacte l’association. Mais elle ne donne pas suite à ce premier contact. Elle n’adhère pas. En rejoignant l'association elle aurait eu de précieux conseils qui lui auraient évité la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Elle vient d’adhérer.

 

Mais aujourd’hui, sa situation est la suivante : Elle devrait retrouver un emploi à un salaire légèrement inférieur à son précédent salaire. Par contre, elle  n’a plus payé depuis plusieurs mois ses échéances alors qu’elle aurait pu faire différemment. Elle est menacée de la vente de son appartement.

 

Si elle avait adhéré plus tôt à l'association, elle aurait su que d’une part il fallait faire jouer son assurance chômage pendant le temps que celle-ci la couvrait et non pas rester dans l’attente ce qui lui a fait perdre ses droits à l’assurance chômage adossée à son crédit immobilier. De payer, elle, son crédit sans recours à cette assurance l’a épuisé financièrement puisqu’elle gagnait déjà moins.

 

Elle aurait pu gagner 1 an d’échéance. Elle aurait évité l’angoisse qui lui a fait perdre une partie de sa vitalité.

 

Puis, lorsque l’assurance-chômage ne jouait plus, elle avait la possibilité de demander une suspension des échéances pendant 2 ans.

 

Ne le sachant pas, les démarches n’ont pas été effectuées et il est à craindre qu’aujourd’hui la seule possibilité qui lui reste soit une procédure de surendettement, c’est-à-dire une galère de 8 ans en raison de l’inscription au fichier et encore à condition que la commission ne lui demande pas de vendre son immeuble. Commission qui dans le 06 n’est pas particulièrement sociale. Certes, le soutien et les tactiques de l'association lui permettront probablement de s’en sortir mais elles ne lui éviteront pas un certain nombre de souffrances liées à cette situation.

 

Autant il lui eut été extrêmement facile de lui éviter l’aggravation de ses problèmes, autant il va être très difficile maintenant de lui éviter le pire.

 

Voilà à quoi sert la prévention.